ACTE QUATRIÈDdE
n'a pas fini de faire parler d'elle, vous verrez... Heureusement, mes dispositions sont prises. Quoi qu'il advienne, nous n'aurons jamais aucun rapport, même lointain, avec elle, et nous nous arrangerons toujours pour étouffer le bruit qu'elle pourra soulever. Les idées de Richard sont, grâce au ciel, absolument les miennes sur ce chapitre. C'est un garçon très fier, vous savez, et il a gardé une rancune profonde à sa mère de toutes les horreurs qu'elle leur a débitées, au moment où elle a claqué les portes. Car il paraît que c'a été inoui le départ à la campagne... Que ne leur a-t-elle pas dit!... que les chinois avaient bien raison de détruire leurs petits à la naissance et qu'elle regrettait bien de n'en avoir pas fait autant!... Croyez-vous?... la vilaine femme I
SOUBRIAN
Et elle est toujours en Algérie avec lui!... Elle doit révolutionner la caserne, cette femme-là! El. je lui aurais donné le bon Dieu sans confession 1... Vous avez des tuyaux sur eux?
MADELEINE
Oui, j'ai su des choses inconcevables. Us mangent un argent fou. Ils ont des esclaves, il paraît. Elle s'habille en reine éthiopienne... Elle aune baignoire d'argent...
SOUBRIAN
Non?
MADELEINE
Commeje vous le dis. Elle est timbrée, cette femmelà; elle finira dans un cabanon... J'ai vu une anglaise qui a passé quelques jours chez des voisins à eux ; on n'a pas idée!... Elle se promène dans son jardin presque toute nue... Et elle habille son Chambry avec des costumes insensés. L'anglaise me disait : « Oh! madame, je l'ai vu... il était beau ! Il était sur un divan tout
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habillé d'une écharpe de soie pâle bleue... oh! c'était excitant!
SOUBRTAN
Ben, elle en avait du vice votre anglaise !
(Richard se lève.) MADELEINE
Hum! Parlons d'autre chose. (Haut.) Comment va voire ami Lignières?
SOUBRIAN
Pas mal. Merci pour lui.
BICMARD
Voilà... Je la cacheté, bien entendu.
SOUBIÎIAN
S'il le plaît.
RlCnARD
Vous parliez de Lignières?... Au fait, comment vont les anciens amis? Je ne les vois plus guère.
SOUBRIAN
Ça vieillit, ça vieillit, mon vieux... Eh oui ! Chaulin a une grande barbe noire et une situation dans les automobiles... Lignières? Tu le rappelles un après-dîner, il y a deux ans passés, comme c'est loin déjà! chez loi, avenue Friedland?... il nous parlait de sa papetière... eh bien, fini, la papelière ! Elle est partie avec un répétileur du lycée Condorcet... Pauvre Lignières !...
^ (La femme do chambre entre et passe une carte à Richard. —
Richard contemple la carte u;i instant sans rien dire.)