ACTE PREMIER
voit le geste d'une petite iDdépendance très crâne... Et c'est ma fierté de t'avoir faite ainsi.
JEANNINE, hochant la tête, doucement.
Oui, c'est encore à loi que je dois d'être comme je suis. Je te dois tout, même cela, c'est vrai... oh! tu mérites beaucoup de reconnaissance !
ISABELLE
Maintenant, oust! assez causé. Viens au salon.
JEÀNWINE
Non... non, dorlotte... dorlolte encore... au moins une petite minute.
ISABELIJS, la berçant itn peu.
Tu verras, comme on te fera une vie belle! On fera ceci, on fera cela... et plus tard, qu'est-ce qu'on fera? On te cherchera un petit mari !
(Jeannine a les yeux clos sur la poitrine de sa sœur.) JEANNIWE, riant du petit rire qu'ont les enfants dans les larmes.
Un petit mari !...oh! tu dis ça!... Oui, raconte encore tout ce que tu aurais fait.
ISABELLE
Tout ce qu'on fera. D'abord, on t'achètera à la campagne une belle écurie de poneys. Tu recevras...
JEANKINE, les yeux toujours fermés.
Oui... oui...
ISABELLE
Et puis> et puis... je ne sais pas, moi! Tu es beteî
(Elle l'embrasse.) JEANNINE
. Dis, c'est vrai, que je ressemblais beaucoup à ma-
man? Dis encore, je faisais beaucoup de mauvais tours? Raconte.
Je crois bien! Tu m'en as fait voir, va! Tu te rappelles, la fois du bassin ?
JEANNINE
Oui, je me rappelle. C'est drôle, hein? (Un temps. Eiie
ouvre les yeux et regarde au loin dans sa pensée.) J'ai tOUJOUrS été
très originale.
ISABELLE
Entends-tu gratter à la porte? C'est Neyt qui veut venir te dire bonjour. Faut-il lui ouvrir?
JEA^'NINE, sa rêverie coupée, avec une petite voix sèche.
Merci ! si tu t'imagines qu'elle m'intéresse cette bête l
ISABELLE, se levant aussi.
Nous ne pouvons pas ne pas aller dire adieu aux personnes. Si cela t'ennuie, reste. Je t'enverrai Georges qui n'a pas eu le temps de te parler de toute la journée.
JEANiMNE
Oh ! non. Encore moins !
ISABELLE
Je suis sûre que tu te trompes sur les sentiments de Georges à ton égard.
JEANNINE, avec une volubilité subite.
Je ne crois pas! En tout cas, ça n'a pas la moindre importance, là, làl... On fait ce qu'on fait dans la vie^ pour soi, sans s'inquiéter de ce qu'en penseront les autres après. S'il fallait seulement compter sur leur reconnaissance, ah! là! là! ça ne vaudrait pas, vrai^ de se donner tant de mal!.
(Elle i net.;
er lanc ae maii...
dit cela si vite qu'on comprend à peine, et puis elle s'arrête