ACTE DEUXIEME
Voire service se néglige considérablement à la campagne... vous entendez?... ne me le faites pas répéter!
LA FEMME DE CnAMBRE
Oui, monsieur...
GEORGES
Allez!... C'est insupportable! (EUeson.) Chérie!...
(Ils s'étreignent à nouveau.) ISABELLE, réprimant de la main un battement de cœur.
Ah ! j'ai eu peur I
Tuas eu peur?... Cesl délicieux.
ISABELLE
Non. Je ne trouve pas.
GEORGES
Ne dis pas ça! c-'est délicieux!... Il me semble que je trompe ton mari.», chose exquise.
ISABELLE
Nous trompons quelqu'un en effet... Chaque baiser est un remords.
■ GEORGES
C'est ce que je dis... (Un temps.) sous une autre forme, voilà tout.
ISABELLE
Tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose de honteux et même de vilain dans nos baisers ?
GEORGES
Oui, il y a de l'adultère... Ma maîtresse! ma petite maîtresse !...
ISABELLE
On dirait que ça t'amuse !
GEORGES
Plus, ça m'excite !
Tu as un excellent caractère.
GEORGES
On le fait, son caractère I Le mien devient en effet excellent. Je commence à comprendre le charme de notre situation... J'ai vingt ans... je sors du collège et j'ai une aventure avec toi. Ecoute, suppose que tu es la bonne de ma mère...
(Il lui prend la taille.) ISABELLE
Tu es stupide I
GEORGES
Je trouve cela amasani, très, très drôle, et plus... Ces baisers dérobés, ces... Nous qui partions pour un ménage bourgeois !
ISABELLE, froidement.
Celui-ci te va mieux, je comprends ça.
GEORGES, tirant tout à coup sa montre.
Voyons, deux et une font trois... Dépêchons-nous.
(On frappe à la porte, machinalement il dit .) Entr.. . ISABELLE
ChutI
(Ils se séparent et vont s'asseoir diversement.) GEORGES, une fois installé, un journal à la main.
Entrez!