‹ ThéâtreChapitre 52 sur 244 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JEANNINE, du bout des dents.

Au cas où je vous aurais dérangés.

ISABELLE

Ta sais bien que tu ne nous gênes jamais.

JEANNINE) petit air faussement natureL

Je venais chercher mes jonchets que j'avais oubliés... Je peux?

ISABELLE

Jeannine, écoute ici.

JEANNINE

Quoi?

ISABELLE, lui fait signe de venir.

Ma question quotidienne. Si madame Heiman n'était pas venue déjeuner ce naatin, je te l'aurais déjà posée... Je ne voudrais pas t'importuner non plus; tu es libre... Je te demande seulement : Es-tu dans les mêmes dispositions aujourd'hui que les autres jours? Tu ne veux pas que nous causions un peu?... Non? Ce que j'en dis, tu le sais bien, n'est uniquement que pour ton bonheur.

JEANNINE, les sourcils très écarquillés.

Mais je suis très heureuse, je le remercie, je suis très heureuse comme cela! Pourquoi?... Avec tout ce que tu as eu la bonté de m'acheter... mon jeu de géographie, mon Eurêka, et m'es jonchets, surtout mes jonchets... C'est encore ce que tu pouvais trouver de mieux dans les jeux à un. (So levant vivement.^ Tu permets ? lis sont là, dans le tiroir, n'est-ce pas?

ISABELLE, la figure un peu contractée, avec un regard vers Georges qui lit le journal sans bouger.

Je l'achète des jouets pour te forcer à te distraire...

à l'occuper manuellement un peu, malgré toi, d'une faeou quelconque... Voyons, mon petit, viens entre nous... ici. Je voudrais que tu nous parles.

JEANNINE

Mais quoi? Qu'est^îe que tu as? Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire... lÏJkQ faut pas aller jouer?... c'est ça? Attends que je pose cette boîte. Voilà.

(Elle s'assied, les mains aux genoux e<NBame à la classe.) ISABELLE, avec un soupir.

Allons, ce n'est pas encore aujourd'hui que nous tirerons quelque chose de toi et que naîtra un peu d'inUmité et de confiance. Tant pis!

(Silence.) JEANNINE

Alors, je peux remonter? (EUe se Icve, remonte et va sortir. A la porte, elle se ravise; très haut:) Tu Sais, j'ai réfléchi pOUr le

professeur de gymnastique.

GEORGES, levant le nez de son journal.

Quel professeur de gymnastique?

ISABELLE, gênée.

Oui, j'ai cherché quelqu'un qui pourrait de temps en temps venir lui faire faire un peu d'exercice, ici.

JEANNINE, de la porte, cinglant les mots.

Comme je fais déjà beaucoup d'hygiène, je crois que ça me fatiguera. Tu remplaceras cela par autre chose.

si tu veux bien. (Fausse sortie encore.) Ah I puis, si tu vaS à

la ville, veux-tu avoir la complaisance de m'acheter une autre balle?... La mienne est usée.

(Au moment où elle sort, elle heurte dans la porte madame Heiman qui rentre.)

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