‹ ThéâtreChapitre 63 sur 244 · ACTE DEL'XIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEL'XIÈME

GEéfRCES

Elle est bonne 1

ISABELLE

Tii crois que je ne vois pas touies tes petites jnanigances"?

GEORGES

Oh! conte-moi les petites manigances... j*en sera4 bien aise !

ISABELLE

Tu veux?... Au hasard... dans le tas... tiens. Durant les regards qu'elle te jette, ces longs regards insistants et béats, qui ont l'air de dire : « Est-il beau, Seigneur^ est-il beau! » lu prends alors un air modeste, détaché... qui est très amusa» t, je t'assure à observera Mais oui, mon ami, vous avez des manières de faire des effets de mains, quand vous voyez^ que son regard se pose, s'installe sur vous... des gestes enfuis vers la cravate...

Vous ê^tes un vrai miroir, mais un miroir qui rend bien, sapristi!

ISABELLE

Le jietU; Ion poli, condescendant, et joJime&t fat, avec lequel vous iui demandez : « Jeannine, vaulezv®us me passer telle chose ? »

GEORGES

Quoi encore? quoi encore?

ISABELLE

Un petit détail... entre mille... mais assez drôlet. Vous fumiez la pipe à Paris. Pendant six ans, vous avez fumé la pipe chez moi, sans vous gêner, oui, ma foi.... je vous aurais brodé des pantoufles!... Eh bien, maintenant, sf&fm vous êtes mis à la cigarette!... Oh!

c'est un rien, je le sais bien, mais un rien significatif pour Tobservateur !

GEORGES

Pardon, voilà une amélioration, dont vous profitez aussi... L'hommage est de moitié pour vous... il y a ingratitude à me le reprocher. -

ISABELLE

Tenez encore... mais non... ceci me gêne un peu à dire... Vous m'en voudrez.

GEORGES

Dites, dites, pendant que vous y êtes, vous auriez tort de vous gêner.

Quand elle chante sa Chanson de Fiorian^ vous savez avec l'expression en coulisse ; « Qu'on chérisse au premier moment^ qu'on aime ensuite davanta-a-ge » si vous voyiez votre air, lorsque vous lui répondez : « Bien ça, Jeannine... très bien... recommencez donc ! » Vous avez à ce moment une expression générale... extraordinaire... oh! intraduisible!... mais très comique. Il y a ainsi tout un côté de vous que je ne connaissais pas autrefois et que vous m'avez révélé... un côté « calicot », mon pauvre amil... Mais j'ai tort de vous dire tout cela, sans doute, vous m'en voudrez !

GEORGES

, Je vous suis très reconnaissant, au contraire.

ISABELLE

Je ne vous cacherai pas que, par moments, vous m'apparaibsez un peu ridicule, voilà tout.

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