ACTE DEUXIÈME 8a
GEORGES
Que m'importe, dès lors! J'ai le sentiment calme de la victoire, et de Tattente aussi. Pourquoi ne veux-tu pas que je sois heureux, réponds, toi que, si je le voulais, je défierais de sortir de ces bras-là 1... Ne te cache pas la tête ainsi, va, lève-la haut... lève-la!
(Il lui relève la tête.) Tu plcurCS ?
ISABELLE
Oui, un peu... Tu n'aurais pas dû dire cela... tu as eu tort.
GEORGES
Oh 1 Isabelle!
ISABELLE
Laisse, laisse... (Eiie passe.) Je suis, à mon tour, nerveuse aujourd'hui... Et puis, que ce soit fini!... Je ne sais ce que j'avais, un besoin malsain de parler... On a tort. Cessons.
GEORGES
Mais tu m'en veux.
ISABELLE
Je te jure que non... C'est moi qui me juge absurde. Remonte travailler... et redevenons sérieux.
(Elle va à la sonnette et sonne.)
ISABELLE
A propos de choses sérieuses, j'attends toujours le notaire pour l'acte. Es-tu passé chez lui, mercredi? Qu'a-t-il dit de ma lettre?
GEORGES
Mercredi?... non, je n'y suis pas passé... je n'ai pas eu latemps... J'irai demain.
86 rENCHAiNTEMEM
ISABELLE
Commeat, lu n'as pas eu le temps de deux heures à sepl ? Qu'as- tu donc fait à la ville?
GEORGES, embarrassé.
Ben, paî^ mal de commissions... je me suis attarde chez le sellier... Et puis la vie de province, déjàl... J'ai flâné au café Lebraull,^avec des amis.
ISABELLE
Jusqu'à sept heures ?