ACTE UEUXrEME
veux rien savoir! Je suppose que vous avez réfléchi... alors, la paix ! Il fallait tout prévoir.
ISAIHELLE
J'espérais appuyer sur un terrain quelconque, nriais rien!... Elle se dérobe à toute guérison.
GEORGES
GaérisoD ! Vous parlez tout le temps, de ça comme d'une maladie î
ISABELLE
C'en est une!... et contagieuse encore 1
GEORGES
A vous entendre, on dirait tout le temps qu'il y a un agonisant dans la maison! J'en arrive à marcher sur la pointe des pieds... Alors^ faites Topération, sapristi !
ISABELLE
C'est par une leate hygiène que j'espérais...
GEORGES
Par un régime, dites donc le motl... Tout le temps, à Paris, que vous me découvriez vos intentions, ce mot me venait aux lèvres : Un régime. Bain le matin... bain le soir... gymnastique suédoise... promeoade... travail à cinq heures...
ISABELLE
C'est cela, appelez-moi pion, tout de suite!... Je suis le pion !
Tout ce que vous me diteff là je Taî préva^ tout noté.... (Sortant un carnet) dans mon almanach prophétique pour 1900... Tenez, !e 26 septembre... (u consulte i© carnet.) Ah! non, VOUS êlcs en avjiii^ce!
Avouez-le, vous êtes extraordinaire! Rien ne vous enlève votre bonne humeur ! Mais votre sourire, au moins, expliquez-moi votre sourire!
GEORGES
Impatiente!... Joconde, depuis le temps, n'a pas encore expliqué le sien!.,. Voyez-vous, Isabelle, c'est des idées à moi, des petites idées à moi... Dans la vie, je ne sais jamais s'il faut rire ou pleurer... ou plutôt, j'ai la sensation très nette qu'il faut à la fois rire et pleurer des mêmes choses, car toute chose a une double face, l'une drôle et l'autre... pas très drôle... et je ne sais jamais laquelle est la bonne. Ce n'est peutêtre d'ailleurs ni Tune ni l'autre!... En tout cas, je n'ai pas assez confiance pour me laisser pleurer; c'est pourquoi je commence toujours par sourire... par peur des dieux, avec la juste crainte d'un comique supérieur. C'est plus prudent.
ISABELLE, avec mépris.
Philosophe !
GEORGES, tout d'un coup, il la saisit à plein bras.
Et puis, ce n'est pas tout ça!... Il y a quelque chose qui me fait tranquille et patient ; tes baisers... oui les baisers à toi, les tiens, ceux que tu m'as donnés, car je te les ai arrachés... car ils ont passé tes lèvres serrées... car il a bien fallu que tu cries ta volupté...
ISABELLE
Tais- toi!... tais-toi!...
GEORGES
Ah! nie-le donc un peu!... j'en ai encore la brûlure et ledçsir! ,
^ / ISABELLE
Tais-toi!., je t'en- conjure!