‹ ThéâtreChapitre 82 sur 244 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

vagues, je vois qu*il commence à entrer en elle de k défiance et... autre chose. Je ne devrais pas vous avouer cela, mais enfin elle souffre et...

JEANNINE, tronçant les sourcils.

C'est bien son tour !

GEORGES

Quelle méchanceté vous venez de dire là!

JEANNINE

Elle peut bien souffrir un peu à son tour, pour voir ce qu'on éprouve !... Et ce ne sera jamais une compensation î

GEORGES

C'est affreux de parler ainsi! Votre sœur!...

JEANNINE

Je la déteste, je la déteste... Ça vous étonne?

GEORGES

Non ; ce n'est pas vrai.

JEANNINE

Si; autrefois je l'aimais, mais maintenant je la déteste! du matin au soir la voir se rapprocher de vous, vous prendre la main, IV-nlendre vous tutoyer, vous faire des mines tout à son aise!... Chaque fois qu'elle est là, contre vous, et (jue je me dis : « Mon Dieu, comme elle a de la chance!... », chaque fois qu'elle vous approche de trop près, vous tient les mains... oh! je la tuerais! El puis...

GEORGES

Et puis quoi? Laissez donc ce verre! Vous allez le casser, dans le feu de vos démonstrations, et comme c'est mon verre de conférence...

JEANNINE

Décidément, si je vous ai bien compris, vous me défendez de vous parler en particulier, parce que ça ne lui plaît pas, et parce que je vous gêne ?

GEORGES

Ce n'est pas exact.

JEANNINE

Ah ! oui, comme elle vous gêne la petite Jeannine ! comme vous préféreriez qu'il n'y ait jamais eu de petite Jeannine sur la terre ! Merci toujours de me le rappeler, au cas où je l'aurais oublié.

GEORGES, tout d'un coup lève le poing sur la table.

Mais sapristi de sapristi!...

JEANNINE

Quoi?

GEORGES, reste une seconde le bras en l'air, puis le laisse retomber mollement.

Rien.

(Ud temps.) JEANNINE, une moue.

Tenez, vous êtes tous les deux très gentils au fond, et vous faites ce que vous pouvez! Seulement, puisque vous venez de me dire carrément votre façon de penser, je voudrais, à mon tour, cesser une minute mon genre petite fille qui me va si bien... Le moment est venu pour moi aussi de dire les choses sérieuses. Donc, ne bondissez pas, je vous en prie, oh! cela surtout! j'ai si mal à la tête aujourd'hui!... comprenez-moi en ami

et écoutez-moi. (Georges fait signe qu'il est tout ouïe, avec l'air de dire : Asseyez-votiê donc, mademoiselle \ — Jeannine ae rassied, puis, comme une leçon apprise, avec calme, mais d'une voix funèbre : ) VoUS Savez

que pas une seconde, jamais, je n'ai renoncé à mourir.

GEORGES

Nom de nom!

(il or.voie promener deux livres dans la chambre, d'un coup.)

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