GEORGES, ISABELLE
GEORGES, immédiatement.
Il n'y a que toi pour avoir des idées pareilles !
(Il l'enlace.) ISABELLE, désignant les roses.
Elles sont jolies, hein?
GEORGES
Et cette toilette?...
ISABELLE
Oui, c'est un parti que j'ai pris. Je me négligeais. Je le faisais un peu exprès, tu comprends! autrement ce n'est pas dans ma nature. Mais, il ne faut pas... Je suis belle, hein? Je te plais?
(Elle se met sur ses genoux.)
i24 L'ENCHANTEMENT
GEORGES
Dis donc, j'ai mille fois plus envie de condamner ma porte au milieu de toutes ces roses (iiia renifle.) et de ton tros savant parfum, que de lire 127 pages I Si on les laissait à la porte, les autres?
ISABELLE, lui mettajat vivement les bras au cou.
Comme tu es gentil! Mais ce serait exagéré,.. (Elle lui
arrange la raie de ses cheveux.) Ça m'a amuSée de t'cnVOyer
ces roses parce que la rose c'est la fleur la plus féminine, et, je ne sais pas, c'est plus amoureux de donner des roses, à un homme... c'est plus... comment, dire? (Elle lui souffle à loreiiie.) inconvenant... Tu comprends?
En rougissant.
(Il la caresse à son tour de la main.) ISABELLE, se détachant.
Oh ! mais tais-toi ! Je ne sais pas ce que tu as... je ne t'ai jamais vu coijime ça !
GEORGES, étonné.
Moi?
ISABELLE
Oui, c'est extraordinaire, depuis quelque temps... tu es tout chose...
GEORGES, très étonné, mais satisfait.
Ah, bahl tiens!... je n'ai pas remarqué...
ISABELLE, souriant.
Oh ! moi si, chéri I (ElIe se rassied sur l'autre genou de Georges. Elle lui mordille l'oreille, puis tout d'un coup.) EcOUte. Donue-moi
un rendez-vous, très loin... (Les yeux perdus au loin.) où j'irai te retrouver comme un amant, un rendez-vous très caché ! Que ce soit plus mystérieux, plus doux qu'ici. Tu veux pas?
(Elle l'enlace, voluptueuse.)