‹ Théâtre impossibleChapitre 113 sur 201 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

LECOINCHEUX.

Je sais tous vos noms, car vous en avez plusieurs , Philippe Roquet.

ALFRED

Puisque vous les savez, pourquoi les demandez-vous ?

LECOINCHEUX.

Votre domicile?

ALFRED

J’en ai un à Paris, un autre ici; mais que vous importe, puisque vous savez où me trouver ?

LECOINCHEUX.

Où avez-vous passé la nuit dernière ?

ALFRED

Je n’ai pas de compte à vous rendre.

Quel a été l’emploi de votre temps dans la journée du mardi 11 juillet?

MADAME PÉRARD

Eh! monsieur, laissez cet interrogatoire ridicule qui ne peut vous mener à rien. Vous voyez bien que Monsieur a ses raisons pour ne pas vous répondre. Je les comprends sans qu’il les dise, moi, je ne suis qu’une femme, et je vous réponds de son innocence.

L’ASSASSIN

ALFRED

Merci , madame , votre confiance ne se trompe pas. (Il va prendre la main de Mme Pèrard.)

LECOINCHEUX.

Gendarmes, empêchez que l’accusé ne communique avec le dehors. (A Alfred.) Reconnaissez-vous cette écriture? (Il lui montre le fragment de billet.)

ALFRED

Oui, monsieur, c’est la mienne. Après?

LECOINCHEUX.

Après un tel aveu, toutes vos réticences et vos dénégations deviennent inutiles. Philippe Roquet ! Vous vous appeliez Croquemiche en 1814; Poufïe-la-Balle en 1817. En 1823 vous avez été condamné sous le nom de Fil-de- Soie ; il y a quatre mois vous avez été écroué ù la prison de Rouen sous le nom de Corbillon.

ALFRED

Moi ! (A Mme Pèrard. ) Je vous supplie de croire....

LECOINCHEUX.

L’œil infaillible de la justice vous a reconnu sous votre dernier déguisement : n’essayez plus de feindre.

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