SCÈNE XVIII
ALFRED
Mon cher Monsieur, vous parlez comme un livre, mais il faut qu’on vous ait écrit en hébreu, car je commence à ne plus vous comprendre du tout.
LECOINCHEUX.
N’aggravez pas votre situation par des quolibets qui insultent la justice!
ALFRED
Mais, mille millions de pistolets! On dirait que je suis ici comme accusé et vous comme juge!
Oui.
ALFRED
Alors faites-moi l’amitié de m’apprendre le
crime que j’ai commis.
LECOINCHEUX.
Vous ôtes accusé d’avoir, dans la journée du mardi 11 courant, assassiné l’illustre et malheureux Alfred Ducamp.
alfred , part d'un grand éclat de rire.
Ah ! ah ! ah ! mais c’était donc vrai ! Ah ! ah ! ah ! laissez-moi rire un petit coupl vous jouez votre rôle au mieux ! vous étiez là , tout bonnement, en vrai procureur du roi! En effet, cet
L’ASSASSIN
air digne et convaincu ! Ah I ah ! ah ! mais il fallait me prévenir ! vous me laissez patauger un grand quart d’heure! Ah! ah! ah! mon cher monsieur, j’ai des excuses à vous faire. Croyez que mon intention n’était pas de manquer de respect à la justice ; ah ! ah ! ah ! ni de provoquer un magistrat dans l’exercice de ses fonctions.
Celte tenue est indécente et ne peut qu’aggraver votre situation.
ALFRED. -
Je vous demande bien pardon, mais c’est un peu votre faute! Vous venez me conter des choses....
LECOINCHEUX.
Avez-vous quelque chose à répondre à l’accusation que j’ai formulée?
ALFRED
Moi ! rien qu’un mot. (A part.) Ah ! mais non ! et ma vente ! {Haut). Mon cher monsieur Lecoincheux, je n’ai tué personne et vous aurez bientôt toutes les preuves de mon innocence. Pour le moment, certaines raisons d’intérêt privé m’imposent le silence le plus absolu. Attendez quelques jours, et surtout ne vous hâtez point de me faire couper la tête , car vous le regretteriez, ma parole d’honneur.