SCÈNE I
d'un ton très-vif.) Eh bien! Qu’est-ce qu’on dit? Qu’est-ce qu’on dit?
schnaps, à demi-voix.
Vive le roi I
fuchs, même jeu.
Vive le roi!
la générale, même jeu.
Vive le roi!
seigneurs et dames , à demi-voix et l’un après Vautre.
Vive le roi! Vive le roi! Vive le roi!
reppel, dune voix tonnante.
Vive le roi !
le roi, avec admiration.
Sapristi ! Quel est l’homme qui a si bien parlé?
reppel, s'avançant vers le roi.
C’est moi, notre sire.
le roi, étonné.
Un vilain ! (Avec bonté.) Comment t’appelles-tu? reppel.
Nicolas Reppel, pour vous servir. Votre intendant m’a engagé pour la cérémonie. C’est moi qui fais le peuple.
LE ROI
Tu as bravement crié.
L’ÉDUCATION D'UN PRINCE
REPPEL
Vous êtes bien bon.
J’entends. Tu as bien crié parce que je suis bien bon et que tu m’aimes de tout ton cœur.
(Se retournant vers la cour.) Mon peuple m’aime !
REPPEL
Moi? j’ai crié parce qu’on m’a promis de me donner vingt sous.
LE ROI
Vingt sous ! C’est pour vingt sous que tu as donné de toute ta voix ! Regarde-moi ce puissant militaire. C’est le général Schnaps, gouverneur du prince mon fils. Il touche ici trois mille écus par an et il ne crie pas en tout plus de six fois dans l’année. C’est donc cinq cenls écus que je lui donne pour chaque fois qu’il dit : Vive le roi ! Tu as entendu comme il gagnait son argent !
C’est une pitié. Celui-ci est maître Fuchs, docteur en théologie, notre illustre et cérémonieux précepteur. Douze cents écus de traitement, mon ami ! Et il no crie pas pour la valeur de dix sous dans toute son année. Madame la générale Schnaps.... mais je la dispense : c’est une dame. (A sa cour.) Quant à vous, messieurs, j’entends que vous adoptiez désormais le diapason de Ni-