SCÈNE III
Ce n’était pas seulement le roi ; c’était Schnaps, c’était Fuchs , et tout le monde enfin. Il faut vous dire que, mon père excepté, nul ne m’aime ici. Ce n’est pas que je sois méchant ni que j’aie jamais maltraité personne, mars tous ces gens-là savent que je serai leur maître un jour, et ils se vengent de leur bassesse à venir, tandis que je suis un enfant.
LA PRINCESSE
Pourquoi dites-vous que vous êtes un enfant ? Lorsqu’on est marié, prince, on est un homme.
LE PRINCE
Hé bien ! vous 111’aiderez à devenir homme.
LA PRINCESSE
Oui certes, et je vous défendrai de tout mon courage contre la jalousie et les intrigues de la cour. .
LE PRINCE
Que vous êtes bonne !
LA PRINCESSE
Oh ! nous serons forts, à nous deux.
LE PRINCE
Et nous ferons la loi à tout le monde. Voilà assez longtemps que j’obéis. Vous m’apprendrez à commander.
L’ÉDUCATION D’UN PRINCE
LA PRINCESSE
Obéirest d’un sujet, commanderestd’un prince.
LE PRINCE
Pourquoi donc ne m’ont-ils appris que l’obéissance ? Pourquoi mon père qui m’aime , et qui doit me laisser sa % couronne, m’a-t-il toujours prêché la soumission ? Il me loue quand je suis docile , il me punit lorsqu’il m’arrive d’agir par moi-même. Hélas! je n’ai rien fait que par obéissance depuis le jour où je suis né , et je suis un prince obéissant !
LA PRINCESSE
C’est donc aussi par obéissance que vous avez demandé ma main?
LE PRINCE
Mais ce n’est pas moi qui l’ai demandée ! c’est mon père. Il ne m’a pas seulement consulté làdessus. Un matin , comme je prenais mon café au lait, il m’a fait comparaître devant lui. Il m’a dit votre nom et votre naissance, et il m’a donné votre portrait en me commandant de vous aimer sans retard.
LA PRINCESSE
Et.... l’obéissance vous a paru difficile?
LE PRINCE
Oh ! non. J’ai deviné du premier coup d’œil