‹ Théâtre impossibleChapitre 127 sur 201 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Ce n’était pas seulement le roi ; c’était Schnaps, c’était Fuchs , et tout le monde enfin. Il faut vous dire que, mon père excepté, nul ne m’aime ici. Ce n’est pas que je sois méchant ni que j’aie jamais maltraité personne, mars tous ces gens-là savent que je serai leur maître un jour, et ils se vengent de leur bassesse à venir, tandis que je suis un enfant.

LA PRINCESSE

Pourquoi dites-vous que vous êtes un enfant ? Lorsqu’on est marié, prince, on est un homme.

LE PRINCE

Hé bien ! vous 111’aiderez à devenir homme.

LA PRINCESSE

Oui certes, et je vous défendrai de tout mon courage contre la jalousie et les intrigues de la cour. .

LE PRINCE

Que vous êtes bonne !

LA PRINCESSE

Oh ! nous serons forts, à nous deux.

LE PRINCE

Et nous ferons la loi à tout le monde. Voilà assez longtemps que j’obéis. Vous m’apprendrez à commander.

L’ÉDUCATION D’UN PRINCE

LA PRINCESSE

Obéirest d’un sujet, commanderestd’un prince.

LE PRINCE

Pourquoi donc ne m’ont-ils appris que l’obéissance ? Pourquoi mon père qui m’aime , et qui doit me laisser sa % couronne, m’a-t-il toujours prêché la soumission ? Il me loue quand je suis docile , il me punit lorsqu’il m’arrive d’agir par moi-même. Hélas! je n’ai rien fait que par obéissance depuis le jour où je suis né , et je suis un prince obéissant !

LA PRINCESSE

C’est donc aussi par obéissance que vous avez demandé ma main?

LE PRINCE

Mais ce n’est pas moi qui l’ai demandée ! c’est mon père. Il ne m’a pas seulement consulté làdessus. Un matin , comme je prenais mon café au lait, il m’a fait comparaître devant lui. Il m’a dit votre nom et votre naissance, et il m’a donné votre portrait en me commandant de vous aimer sans retard.

LA PRINCESSE

Et.... l’obéissance vous a paru difficile?

LE PRINCE

Oh ! non. J’ai deviné du premier coup d’œil

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