‹ Théâtre impossibleChapitre 128 sur 201 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

que vous deviez avoir une bonne âme et qu’un homme serait parfaitement heureux avec vous.

Cependant....

LA PRINCESSE

Il y a une restriction ?

LE PRINCE

Non. Je voulais seulement vous dire.... mais je n’ose.

LA PRINCESSE

Quoi donc ?

LE PRINCE

Que votre portrait était cent fois moins charmant et moins agréable à regarder que vous.

LA PRINCESSE

Ah!

LE PRINCE

Vous n’êtes point fâchée de ce que j’ai dit ? Vous ne trouvez pas mauvais que je vous avoue sincèrement combien votre figure m’a paru belle?

» Je ne serais pas femme , mon cher prince , si votre sincérité me mettait en courroux.

LE PRINCE

Tant mieux! Et vous, que pensiez- vous de moi , avant de me connaître de tout près?

L’ÉDUCATION D’UN PRINCE

LA PRINCESSE

Oh! moi, il y a longtemps que je vous aime.

LE PRINCE

Vrai?

LA PRINCESSE

Longtemps avant que ce vieil ambassadeur m’eût donné votre portrait.

LE PRINCE

Vous ne sauriez croire à quel point cette nouvelle m’est agréable ! Mais comment se peut-il qu’on aime les gens sans les avoir connus ?

LA PRINCESSE

On voit dans la galerie de mon père la statue d’un jeune dieu. Une de ces admirables idoles de marbre blanc qui font excuser les folies du paganisme. Ce jeune dieu que j’ai admiré dès mon enfance, et qui était pour moi comme l’idéal de la beauté , il vous ressemble , mon cher prince!...

LE PRINCE

Ne vous moquez pas de moi ; je ne suis pas homme à m’en faire accroire. Au demeurant, ce . n’est point par les vains avantages de la figure que l’on se rend digne d’amitié.

LA PRINCESSE

D’amitié , non ; mais d’amour !

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