SCÈNE III
princesse, que mon père me demandait un petitfils. •
LA PRINCESSE
Et si Dieu vous punissait de votre obstination en ne nous envoyant ni garçon ni fille !
LE PRINCE
Vous me faites trembler l Mais non ; on a toujours des enfants lorsqu’on se marie.
LA PRINCESSE
Je ne sais pas; je ne crois pas.
LE PRINCE
Au fait, le général Schnaps est marié depuis dix ans pour le moins et il n’a pas d’enfants.
C’est affreux.
LE PRINCE
Que fait-on pour éviter un pareil malheur ?
LA PRINCESSE
J’allais vous le demander.
LE PRINCE
Ce qu’il faut faire , lorsqu’on est marié, pour éviter le chagrin de demeurer sans enfants?... Je ne sais pas.
LA PRINCESSE
Est-il possible?
L’ÉDUCATION D’UN PRINCE
LE PRINCE
Non, positivement. Ni le général Schnaps, ni le révérend Fuchs ne m’ont rien enseigné qui eût trait à cette question.
LA PRINCESSE
Nous voilà bien avancés !
Oui, je crois qu’en mettant en commun tout ce que nous savons, on ferait une belle ignorance. Attendez ! r
LA PRINCESSE
Ah!
LE PRINCE
La prière, selon le vénérable Fuchs, est le canal de toutes les grâces. Prions, et Dieu nous enverra des enfants.
LA PRINCESSE
C’est une idée, et je me mets à l’œuvre dès aujourd’hui en disant ma prière du soir.
LE PRINCE
Oui se trouvera, par la force des choses, une prière du matin. Car il est quatre heures et demie.
LA PRINCESSE
Bonté divine ! Moi qui me couchais tous les soirs à dix heures.