ACTE I, SCÈNE V
sobre! Ce n’est pas lui qui irait se poster à l’entrée de l’office de maître Fournet pour compter sur ses doigts soixante-huit bouteilles de vin.
TRUPHÊME.
Cacheté?...
MONOCORDE
Des cachets gros comme cela!
Peuh ! a-t-il vu les rôtis?
GUILLERY
Lui? Il les attirait avec son nez! Il prétend qu’il a vu deux dindons truffés.
TRUPHÊME.
• Deux !
GUILLERY
Et ce gros poisson qu’on a fait venir du Havre en poste !
TRUPHÊME.
Est-ce qu’il l’a vu, ce roi des poissons, qui voyage comme les ambassadeurs?
GUILLERY
Réponds, Monocorde, m’as-tu dit qu’il était plus grand que toi de toute la tête?...
MONOCORDE
Cela n’est pas un poisson, c’est un veau marin. truphême, à Guillery.
Est-ce bon, le veau marin?...
ÜUILLERY.
GUILLERY
Peuh ! cela a comme un goût de faisan. ... Mais vous dînerez aussi bien chez vous. Ma cousine m’a conté le menu, et l’eau m’en venait à la bouche.
TRUPHÈME.
Ah! qu’est-ce qu’il y a?
GUILLERY
D’abord, la bonne grosse panade avec un œuf dedans. Ensuite le bon oison de deux ans cuit à la casserole; puis, l’ample purée de fèves de marais au beurre de Bretagne, et pour arroser tout cela, le bon pot de jolie petite, bière des Batignolles. {A Monocorde.) Voilà un dîner!...
MONOCORDE
Tiens ! j’aime mieux l’autre.
GUILLERY
Mais si tu étais marié, et que ta femme te défendit de dîner en ville?
TRUPHÈME.
Ma femme ne me défend rien ; je lui ai défendu de me défendre.
GUILLERY
Je le sais bien. (A Monocorde.) Si l’on t’interdisait l’approche du Pré-Gaillard à la distance d’une lieue !