SCÈNE XIII
rite de comparer le mariage à une forteresse et l’amour à un bombardement. Cela frise l’inconvenance. ( A l’infant.) Mon fils.... {A Schnaps.) Je ne dis pas : morbleu , mon fils 1 ventrebleu , mon fils! mille tonnerres, mon fils! De telles exclamations seraient déplacées dans ma bouche. Elles le sont même dans la vôtre. Je dis simplement et paternellement : mon fils.
LE PRINCE
Oui , mon père.
Ce n’est pas à vous de parler. Contentez-vous pour le moment de prêter l’oreille à mon discours. Je ne me souviens pas d’avoir ouvert la bouche devant le feu roi mon père sans qu'il m’eût préalablement interrogé.
LE PRINCE
Oui, mon père.
LE ROI
Que cette leçon vous serve pour l’avenir. Mon fils.... (.4 Schnaps.) Voyez-vous, général, mon plan est tout ce qu’on peut s’imaginer de plus simple. Les ambages et les circonlocutions ne servent qu’a éloigner le but. Je vais droit devant moi, aussi bien dans une aflaife de famille que dans une question politique. C’est en agissant
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ainsi que je me suis toujours fait respecter* comme père et comme roi. (Il salue. Au prince.) Mon fils.... (A Schnaps.) Si je dis nettement les choses , en revanche , j’ai pour principe de n’employer que des termes choisis et irréprochables. (Au prince.) Mon fils.... (A Schnaps.) Ainsi , vous vous êtes servi tout à l’heure du mot de gaudriole. J’en suis fâché, non pour moi, car il ne saurait m’atteindre, mais pour vous. Qu’est-ce que c’était donc que cette gaudriole que vous vous apprêtiez h raconter?
SCHNAPS
Oh! sire, une historiette sans gravité; fort indigne assurément de parvenir aux oreilles d’un grand roi comme vous.
Je ne veux pas l’entendre!... à moins pourtant qu’elle ne soit de nature à compléter l’efTet de ma démonstration sans choquer en rien les convenances.
SCHNAPS
Sire, les convenances seraient peut-être un peu choquées.
LE ROI
Et vous alliez conter cette histoire à mon fils ! Ah! général!... Je le vois avec un regret pro-