‹ Théâtre impossibleChapitre 167 sur 201 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LÉONIE, MADAME DE GUISCARD

léonie , à un jeune homme qui était venu l'inviter ; sèchement.

Merci, monsieur, je ne danserai pas de la soirée. (A Mme de Guiscard.) Ces hommes sont incroyables! Ils s’imaginent que je vais polker un jour comme aujourd’hui!

madame de guiscard , buvant à petites gorgées un verre de sirop.

Quel jour est-ce donc, Léonie?

Quel jour, ma tante? Le vingt-neuvième jour du douzième mois de ma vingt-sixième année !

Et demain, sans rémission, j’aurai vingt-six ans accomplis !

MAÎJAME DE GUISCARD. *

C’est un bel âge.

léonie, amèrement.

Oui; c’est l’âge où l’on coiffe sainte Catherine!

madame de guiscard.

La mode à laquelle tu fais allusion est tombée en désuétude, comme tant d’autres. Peut-être s'est-elle conservée à la campagne. De mon temps, une fille de vingt-six ans faisait un chapeau de fleurs naturelles ou artificielles, suivant la saison, et le portait en grande cérémonie à la chapelle de Sainte-Catherine. C’était touchant.

C’était à mourir de rage ! Je vous en prie, ma tante, ne m’excitez pas; je suis outrée à tel point que je dirais des sottises.

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