SCÈNE III
le duc, s'asseyant auprès d'elle.
Merci. Il y a deux grandes heures que je vous cherche.
Ma timidité ne me permet pas de vous dire que je vous attendais. Mais Votre Excellence était plongée dans la question d’Orient !
LE DUC
Qui vous a dit cela?
Peut-être le démon de la jalousie.
LE DUC
Répondez h ce gracieux menteur qu’il ne sait pas ce qu’il dit. J’ai causé de vous plus d’une demi-heure avec lord Nickleby.
L’ambassadeur?
LE DUC
Oui, mademoiselle. Il fait le plus grand cas de votre esprit et de votre beauté.
Je n’estime que les hommages de la France.
LE DUC
Moi, je me suis senti rougir en écoutant votre éloge. Et si je ne m’étais retenu, j’aurais dit à
lord Nickleby : « vous êtes bien bon, je vous remercie. »
. Ce que j’admire en vous , c’est que vous n’êtes pas compromettant.
LE DUC
Que faire? Depuis que je vous connais, je suis un vieil enfant.
Tâchez donc d’être enfant; seulement un peu ! On vous croira.... on vous aimera peut-être.
Mais je vous connais, monsieur le duc, et si j’osais vous dire en face ce que je pense de vous....
LE DUC
Osez !
léonie, brutalement.
Hé bien! tenez! vous n’êtes qu’un grand homme!
LE DUC
Méchante! c’est presque cruel ce que vous dites li.
Non, monsieur, cela n’est que juste et je vois avec plaisir que le coup a porté. Tous les grands hommes de notre siècle, Napoléon, Metternich, lord Bvron , vous, vous êtes d’illustres égoïstes.