‹ Théâtre impossibleChapitre 182 sur 201 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LÈONIE.

Parlez-lui de ce ton-là , et tout est perdu.

GASTON

Mais je croyais que lui-même il savait apprécier votre mérite!

LÈONIE.

C’est possible. Si par hasard il fait mon éloge , laissez le dire et hochez la tête en signe d’assentiment, pas de zèle! vous 11e me connaissez presque pas ...

GASTON

•Te ne vous connais presque pas , mademoiselle !

LÈONIE.

Quel homme! Faites celui qui me connaît fort peu , seulement pour m’avoir rencontrée dans le monde; et gardez-vous, sur votre vie, de déclarer l’amour que vous ayez pour moi! Est-ce entendu ?

Assurément, mademoiselle; mais je ne comprends pas....

LÈONIE.

Il ne s’agit pas de comprendre, mais d’obéir. Faites ce que je vous ai dit , rien de moins , rien de plus ; et si cette entrevue tourne aussi bien que je l’espère, ma main est à vous.

GASTON

Tl serait vrai? O mademoiselle! je vais, je cours, je vole! que je suis heureux ! que Dieu est bon! A bientôt!

léonie , le retenant.

Arrêtez, malheureux. ( A Mme de Guiscard ) 11 fera tout manquer. (A Gaston .) Mais au nom du ciel, quittez cet air enflammé. Vous avez l’air d’un collégien qui va chercher le prix d’excellence !

GASTON

Hélas! c’est la surprise , la joie..,. Comment dissimuler un bonheur qui m’enivre ?

C’est une fatalité, ma tante! parlez-lui, calmez-le , dites-lui qu’il nous perd !

MADAME DE GUISCARD

Comment! il nous perd?

Non pas vous ! mais moi ! et lui-même !

MADAME DE GUISCARD

De quoi diable est-il question ?

Ah! si vous croyez que j’ai le temps de lui expliquer toute l’affaire. ( A Gaston .) Allez, monsieur ! le ministre vous attend , soyez froid , ré-

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