SCÈNE IV
core là , Dieu merci ! nous n’avons pris que du chocolat, quelques petits fours, et une larme de vin de Bordeaux.
Cependant, je me suis occupée de M. Lentz.
GASTON
De moi , mademoiselle?
Oui , monsieur. Le duc vient de quitter le bal pour rentrer dans son cabinet. Vous irez l’y rejoindre quand je vous aurai donné mes instructions.
GASTON
Mais.... Que pourrais-je bien lui dire? C’est à peine si je lui ai été présenté;
N’importe. Il vous veut le plus grand bien, sans vous connaître. Votre avenir dépend de la conversation que vous allez avoir avec lui. Faiteslui passer votre nom ; ajoutez que vous venez de ma part et que vous avez quelque chose ù lui remettre.
MADAME DE GUISCARD
Quoi donc?
léonie , détachant le médaillon de son bracelet.
Ceci , ma tante.
MADAME DE GUISCARD
Ta clef!
Gaston.
Cela aurait plutôt l’air d’un médaillon.
léonje , à Gaston.
Clef, médaillon ou autre chose, peu m’importe, si vous avez confiance en moi. On fait dans un cotillon des ligures bien plus étonnantes que celles que vous allez faire , et l’on ne demande pas autant d’explication.
GASTON
Oh ! je n’en demande aucune,, mademoiselle
Bien. Voilà comme je vous veux. Le duc vous questionnera sur votre position, votre famille, votre fortune : répondez-lui hardiment et ne craignez point de vous faire valoir. S’il vous interrogeait sur vos opinions politiques, n’en ayez pas. Gardez-vous de faire sonner votre dévouement au chef de l’Etat : c’est une mauvaise note. Enfin , et ceci est le point capital , lorsqu’il vous parlera de moi , souvenez-vous de me louer trèsfroidement.
Le pourrai-je, mademoiselle? Vous si belle, si bonne , si accomplie !