SCÈNE V
Rassurez-vous, je gagnerai la partie.
MADAME DE GUISCARD
Et tu perdras l’honneur!
LÉONI
Pas môme l’honneur.
MADAME DE GUISCARD
Ah! je suis curieuse de voir comment tu sortiras de là !
LÈONIE.
Moi aussi. Le duc a ma parole. Il ne s’agit plus que de la lui reprendre. Que feriez-vous a ma place?
MADAME DE GUISCARD
Est-ce que je le sais? les filles de mon temps ne jouaient pas a ces jeux-là. Elles coiilaient bravement sainte Catherine, lorsque l’heure avait sonné ; et cela valait mille fois mieux que de se lancer étourdiment dans des casse-cou pareils.
Attendez à me gronder que je me sois cassé le cou.
MADAME DE GUISCARD
Mais, malheureuse enfant! de deux choses l'une. Ou tu payes ta discrétion, et je te renie.
pour ma nièce. Ou tu refuses de payer, et le ministre a le droit de dire que tu l’as exploité.
Reprendre une parole donnée, c’est mal, je l’avoue. Mais se la faire rendre , ce n’est qu’adroit.
MADAME DE GUISCARD
Tâche un peu qu’il te la rende !
J’y tâcherai. J’ai mon plan. Pourvu que vous ne vous soyez pas trompée sur le compte de la duchesse!
MADAME DE GUISCARD
Quelle duchesse ? ( Arrêtant un plateau. ) Ah ! voilà du bouillon!... Quelle duchesse?
Sa femme! êtes-vous sûre qu’elle n’a jamais manqué à ses devoirs?
MADAME DE GUISCARD
Je t’ai dit mille fois que c’était une femme toute en Dieu.
On peut être dévote et avoir un amant.
MADAME DE GUISCARD
Je réponds d’elle comme de moi-même.
Alors , je suis sauvée.
MADAME DE GUISCARD
Silence! M. Lentz!