‹ Théâtre impossibleChapitre 187 sur 201 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

voyais si bien disposé que j’ai failli répondre oui! heureusement vos recommandations me revinrent en mémoire et je me mordis la langue. Mais c’est ici que commence le miracle. « Mon jeune ami, reprit le duc, que pensez-vous de Mlle de Morhange? » C’est là qu’il m’a fallu du courage pour ne pas crier je l’aime! et répondre des banalités. « Il ne vous déplairait donc pas de l’épouser ? — Nullement. — Hé bien ! puisque c’est elle qui m’a procuré le plaisir de vous connaître, allez à votre tour la trouver de ma part, et demandez-lui sa main. » Là-dessus, je fis l’hypocrite, ainsi que vous me l’aviez ordonné : « Je connais peu Mlle de Morhange ; voudra-t-elle de moi? elle me témoigne quelque amitié, mais qui sait si elle m’aime d’amour? — D’amour ? s’est-il écrié ( car c’est un original ) ; je voudrais bien voir qu’elle vous aimât d’amour !» Il le verra bien, mademoiselle ! Oh ! dites- moi qu’il le verra bien!

MADAME DE GUISCARD , ÜVCC éclat.

Il ne verra rien du tout ! Vertu de ma vie !

( A Lconie. ) Vous avez fait à vous deux une jolie besogne !

Ma tante !

GASTON

Madame! Je croyais.... j’avais compté. Mon Dieu! qu’est-il arrivé? vous n’ètes donc plus pour moi?

MADAME DE GU1SCARD

Je ne suis plus pour lui! 11 est superbe ! Et vous acceptez la vie sur ce pied-là , vous ?

Ma tante! Je vous en supplie.

MADAME DE GUISCARD

Laisse-moi donc! je ne dirai rien.... mais j’empêcherai tout. Qu’un homme soit dévergondé comme un satyre; qu’un autre soit innocent comme un mouton , c’est leur droit !

Mais que nous , deux femmes de bien , deux femmes de noble race.... Mais que ma maison, une honnête maison.... Que ma clef, une innocente petite clef.... Mais pour qui me prends-tu? Pour qui le prends-tu? Pour qui nous prends-tu tous, malheureuse enfant que tu es?

Tout peut se réparer, il n’y a pas péril en h demeure . laissez-moi le temps d’agir , ne compromettez rien, je vous jure que je sortirai d’affaire.

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