SCÈNE VIII
la duchesse, avec violence.
Malheureuse 1
Oh ! oui, bien malheureuse ! Car en vous voyant tout à l'heure, le sentiment du bien, le souvenir des leçons de ma mère , la religion, que sais-je? Tout ce que j’avais oublié s’est réveillé en^noi , j’ai senti un combat, un déchirement; ah! madame, que je souffre !
LA DUCHESSE
Pauvre petite! ne pleurez pas. Je vous sauverai. Je.... mais le pourrai-je? Est-ce que j’ai encore assez d’empire sur lui? m’aime-t-il?
Eh! qui pourrait ne pas vous aimer? Vous ôtes • si belle !
LA DUCHESSE
Dieu m’aidera. Restez ici. Ne partez pas que vous n’ayez reçu de mes nouvelles !
Je le savais bien, moi, qu’en m’adressant à vous j’invoquerais mon bon ange! Mais, madame, daignez ajouter une grâce à toutes les autres. Sauvez -moi sans me trahir. Convertissez M. le duc sans nous en faire un ennemi !
la duchesse, s'éloignant.
Soyez tranquille. Ahl mademoiselle! vous ne pouvez pas mesurer l’étendue du sacrifice que je fais pour vous.
Ohl si 1 (La retenant.) Mon fiancé, M. de Lentz, a besoin de la protection de M. le duc. S’il la perdait par notre faute, il ne lui resterait plus rien .
LA DUCHESSE
Comptez sur moi. Vous avez une protectrice qui ne fait pas les choses à demi. (Elle sort.)