SCÈNE X
Ma tante est un peu folle ; si vous ne l’aviez pas encore remarqué , tant pis pour vous !
GASTON
Mais il y a des choses sérieuses dans ce qu’elle me dit, ou plutôt dans ce qu’elle ne me dit pas.... Des choses terribles !
Mais quoi ?
GASTON
Qu’est-ce que le médaillon que j’ai porté à M. le duc?
Elle vous a parlé de médaillon ?
GASTON
Je n’y pensais plus, moi. Je n’y attachais aucune importance. Mais Mme de Guiscard y revient sans cesse; elle en parle avec affectation; elle me demande pourquoi je ne l’ai pas rapporté.
Elle va jusqu’à dire qu’elle empêchera bien notre mariage, si le duc ne me rend pas ce médaillon aujourd’hui.
Eh! monsieur, que vous importe? puisque vous ne m’épousez plus!
GASTON
Vous ne voulez donc plus de moi ? Il faut donc
que je meure? Mademoiselle! si vous avez pitié de l’amour le plus sincère qui ait jamais fait battre le cœur d’un homme, obtenez que M. le duc nous rende ce médaillon !
Je suis charmée de voir que vous m’aimez aveuglément, les yeux fermés, avec la confiance la plus absolue! Eh bien, monsieur, on nous le rendra ce médaillon ! On nous le rendra aujourd’hui, s’il plaît à Dieu, et je vous en ferai présent, et vous le suspendrez en breloque à la chaîne de votre montre. A moins pourtant....
mais voici un valet qui me cherche sans doute.