ACTE II, SCÈNE I
ISABEAU
On n’a que faire de le lui donner, et mieux vaudrait pour moi qu’on pût les lui reprendre. Ah! ma chère, une femme est pardonnable de bien des choses lorsqu’elle a dans sa maison une excuse de soixante ans.
guillery, à Monocorde.
L’occasion est belle, Monocorde; en avant!
MONOCORDE
Oh! je ne serais pas embarrassé , si seulement je trouvais quelque chose à leur dire.
GUILLERY
Est-ce que je sais ce que je vais leur dire , moi ? On commence par brûler ses vaisseaux , et alors il faut bien que les idées viennent. ( Ils sortent du bosquet au moment où Isabeau et Guillemeltc viennent y regarder.)
ISABEAU
Eh bien?
GUILLERY
Mesdames, nous vous avons trompées, vos maris ne sont pas ici.
GUJLLEMETTE.
Miséricorde !
GUILLERY
Vos maris ne sont pas ici, mais vous y êtes.
GUILLERY
Qu’importe que ces messieurs se soient ou non permis une petite escapade ? Ils ont un tort bien plus sérieux : ils sont vos maris !
guillemet te , naïvement.
Le fait est qu'ils sont nos maris,
GUILLERY
Pour les punir d’un crime si.... capital , nous allons souper, boire et danser ensemble ; en tout bien , tout honneur.
GUILLEMETTE
Il me semble que c’est bien mal.
GUILLERY
Pourquoi ne sont-ils pas ici pour vous surveiller 1 c’est leur faute.
Au fait.
GUILLERY
Holà ! du cabaret ! [Le cabaretier se présente.)