‹ Théâtre impossibleChapitre 38 sur 201 · LES MÊMES, TRUPHÊME, BRID’OIE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, TRUPHÊME, BRID’OIE

Brid'oie s'appuie en chancelant sur le bras de Truphême; ils vont s’asseoir face à face devant la table qui est au milieu du théâtre.

brid'oie.

Je n’en puis plus! où diable est-il fourré?

TRUPHÊME.

Pauvre voisin ! si tu avais dîné chez Fournet, tu serais peut-être aussi trompé, mais tu serais moins fatigué.

brid’oie.

Où est-elle ?

truphême, prenant la bouteille.

Bois un coup ! 11 n’y a que cela au monde.

Vois-tu, mon pauvre procureur, le solide, c’est le liquide.

GUILLEMETTE , à Guillcry.

Avouez que j’ai l’esprit bien fait.

guillery, galamment.

Comme tout le reste , Madame.

CUILLER Y

brid’oie.

On va me montrer au doigt.

» TRUPHÊME.

Est-il naïf! Est-ce qu’on me montre au doigt? Le monde n’est pas méchant. Du reste , sois tranquille, si quelqu’un te montre au doigt, je te-le ■ dirai.

brid'oie, pleurant.

Avais-je rien fait pour mériter cela?

truphême, meme jeu.

Oui , tu bats trop ta femme.

brid’oie , même jeu.

Puisque c’est par principe ! J’ai lu dans un livre que les Ilomains, hommes sages, plaçaient toujours dans la corbeille un bon bûton de bois de cormier.

truphême , même jeu.

Et tu crois qu’on ne les trompait pas , les Romains? Mais qu’est-ce que cela te fait? tu aimes donc bien ta femme ?

brid'oie.

Moi! Je la déteste, je la méprise, je l’ai en horreur, je la considère comme un animal inférieur, cher à habiller, cher à nourrir, fatigant à promener, difficile à amuser et impossible à gouverner ! Mais on a son amour-propre !

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