ACTE II, SCÈNE IX
guillery, à Guillemelte.
Vous entendez !
GU1LLEMETTE.
Oh ! il me le payera tôt ou tard.
GUILLERY
Belle Guillemette, savez-vous en quoi la justice française diffère de la turque? Chez nous, lorsqu’un homme a tué, on attend six moh> pour le pendre ; en Turquie, on lui tord le cou séance tenante. Soyez Turque, ô Guillemette!
isabeau, à part.
Guillemette et Guillery ensemble ! c’est la faute de ce Monocorde qui m’a entraînée ici.
Monocorde, vous dormez?
MONOCORDE
Oh ! que non pas , Madame !
ISABEAU
Et songez-vous où est Guillemette?
monocorde , niaisement.
Oui , Madame , elle est là-bas.
ISABEAU
Et Guillery?
monocorde.
Il est là-bas également.
ISABEAU
Et vous souffrez?...
GUILLERY
MONOCORDE
Non , Madame , je suis heureux.
Mon ami, vous êtes une oie; où avez-vous la tête?
monocorde, s' avançant pour l’embrasser.
Ici, Madame. (Elle lui donne un soufflet; au même instant Guillery embrasse GuillemeUe.) brid'oie , en sursaut.
Avez-vous entendu?
TRUPHÊME
Oui.
brid’oie
Un baiser.
TRUPHÊME.
Un soufflet.
brid’oie.
Un baiser ici.
TRUPHÊME.
Non , un soufflet là.
• brid’oie.
Les oreilles vous cornent.
TRUPHÊME.
Les cornes vous oreillent. (Ils se lèvent tous deux et s’avancent vers les bosquets. Truphême à droite, Brid’oie à. gauche. Chacun dieux se trouve en face de la femme de l'autre.)