SCÈNE II
GUILLERY, MONOCORDE
guillery, accourant.
Monocorde tout seul! Qu’as-tu fait de mes femmes?
GUILLERY
MONOCORDE
Je n’en ai rien fait ; elles sont chacune chez elles, et elles m’ont chassé !
GUILLERY
C’est ta faute aussi, tu ne dis rien. On prend la femme avec des paroles, et les muets ne sont bons qu’à garder ie sérail.
MONOCORDE
Voilà ce qui te trompe. Tant que je n’ai rien dit, elles m’ont regardé tendrement : j’ouvre la bouche, et l’on me chasse.
GUILLERY
C’est ta faute ! pourquoi parles-tu?
monocorde, pleurant.
Me voilà bien! j’ai fait une belle campagne!
GUILLERY
Ne pleure pas, tu n’as pas perdu ton temps, tu as appris la grande guerre à mon école, tu as acquis une expérience qui te servira pour l’avenir.
MONOCORDE
Oui, mais qu’est-ce qu’il me reste pour le présent?
L’espérance ! Alexandre n’avait pas autre chose