ACTE III, SCÈNE III
GU1LLEMETTE.
Je vous écoute.
GUILLERY
Nous sommes trop loin pour nous entendre ; les paroles ne sont pas des hirondelles! Au nom de vos beaux yeux, de ma folie, de ma rage et du baiser de tantôt, ouvrez.
guillemette , refermant sa fenêtre.
Non! non!
Guillemette! on ne damne pas les gens .«ans les entendre! Guillemette! vous m’égorgez!... Guillemette ! Guillemette ! (// frappe à coups redoublés. — A part.) Est-ce qu’elle aurait fermé sa fenêtre de bonne foi? Elle ne serait donc pas femme!
guillemette, passant la tête par un guichet, au milieu de sa porte.
Voyons, qu’avez-vous à dire? Quand vous m’écriv iez ces maudites lettres, vous en écriviez d’autres à Isabeau. Quand vous m^avez dit que Monocorde était pour Isabeau, vous avez dit à Isabeau que vous m’abandonniez à Monocorde.
Est-ce vrai, cela?
GU1LI.ERY.
Il n’y a rien de vrai, sinon que j’ai la tête
GUILLERY
perdue. E>t-ce que vous ne lisez pas dans mes yeux que je dis vrai? Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose dans ma voix qui vous prouve que je ne mens pas ! Est-ce que votre mari vous a jamais parlé de ce ton-là ? Est-ce que mon amour ressemble à un amour de ménage?... Est-ce que?... mais enfin.... c’est le feu.... quelles preuves?... si vous étiez.... mais vous voyez bien que je ne sais pas ce que je dis ! ouvrez !
guillemette, sortant vivemeijt et refermant sa porte.
Non! j’aime mieux sortir. Ici, nous sommes moins seuls; il peut passer quelqu’un, mon mari peut revenir.. .
GUILLERY
Vous me croyez donc bien mauvais? vous avez peur de moi plus que de votre mari?
guillemette, étourdiment.
Oh ! j’ai peur de moi aussi ! vous êtes un terrible homme!
guillery, 1" entraînant jusqu'au banc qui est devant sa maison.
Guillemette!
GUILLEMETTE
Non, je ne veux pas vous aimer. Ne vous fâchez point : Je n’en aimerai pas d’autres. Je res-