SCÈNE II
lique. Depuis trois semaines que je dors là, mes os se sont endurcis au canapé.
ANGÉLIQUE
Je vous ai donné ce que j’avais. Il est certain que vous seriez mieux au château, dans un bon lit. Mais dans ce pavillon, vous êtes tranquille et.... ni vu, ni connu, monsieur Philippe Roquet.
ALFRED
Je vous remercie, mademoiselle Angélique, et puisque c’est aujourd’hui samedi, permettez-moi de vous payer mon loyer de la semaine {lui donnant de l'argent), cinq louis, prix convenu.
angélique, tendant la main.
Oh! ça ne presse pas, monsieur Philippe Roquet.
ALFRED
Ma chère mademoiselle Angélique, vous avez été pleine de complaisance pour moi , mettez le comble à vos bontés : appelez-moi monsieur tout court.
ANGÉLIQUE
Oui, monsieur Philippe Roquet. Mais à partir du jour d’aujourd’hui, je ne vous appellerai plus ni Roquet ni autrement, par la raison que je vous donne congé tout de suite.
L’ASSASSIN
alfred, vivement.
Vous me chassez, et pourquoi?
ANGÉLIQUE
Dame ! monsieur Philippe Roquet, c’est pas ma faute. Madame m’a dit à ce matin qu’elle voulait déjeuner dans le pavillon , et si elle savait que j’y ai logé un homme , c’est moi qui aurais une fière grondée.
Je croyais que Mme Pérard n’entrait jamais ici?
ANGÉLIQUE
C’est vrai qu’elle n’y a pas remis les pieds depuis la mort de son défunt. Mais tout s’oublie, à la longue. Il y a bien longtemps qu’elle n’en a parlé, de feu Monsieur.
ALFRED
Et c’est dans un pareil moment que vous m’exilez d’ici !
ANGÉLIQUE
Pardi ! vous n’en mourrez pas pour loger à l’auberge. On est mieux qu’ici, sans flatterie, et pas si cher.
ALFRED
A l’auberge! Y songez-vous? pour que tout le monde me voie !