‹ Théâtre impossibleChapitre 72 sur 201 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

pleurer vos beaux yeux. J’ai tué Alfred Ducamp, mais je suis prêt à le ressusciter, s’il est vrai que vous vous intéressiez à lui. Je vous aime. Vous êtes la beauté fatale qui enchaîne à tout jamais le cœur de l’artiste. Accordez-moi une heure d’audience, et si je trouve grâce auprès de mon juge.... »

ANGÉLIQUE

Aurez-vous bientôt fini?

ALFRED

Tout de suite, nous glisserons ce billet sous sa serviette. (Il enlève la tasse, pour glisser le billet.') Et.... ( avec explosion ) Deux couverts! est-il vrai, je déjeunerais avec elle?

ANGÉLIQUE

Oh! que non pas! c’est le couvert de M. Lecoincheux.

ALFRED

Qu’appelles-tu un coincheux ?

ANGÉLIQUE

M. Lecoincheux? Mais c’est M. le procureur du roi.

ALFRED

Ah ! et il déjeune avec MmePéra'rd?

Dame, oui, en attendant !

L’ASSASSIN

ALFRED

En attendant quoi?

ANGÉLIQUE

En attendant qu’il l’épouse. C’est convenu depuis plus de six mois.

ALFRED

Ah ! {Tl laisse tomber la tasse.)

ANGÉLIQUE

Mon Dieu ! Qu’est-ce que vous avez fait?

ALFRED

Bah! pour une tasse décollée! Maintenant!...

{Il déchire sa lettre en deux morceaux, en jette un à terre , et met l'autre dans sa poche après l’avoir froissé.)

ANGÉLIQUE

Qu’est-ce qui vous prend encore ?

ALFRED

Oh ! rien !

C’est M. Lecoincheux qui vous chagrine?

ALFRED

Moi? non. Adieu, Angélique.

ANGÉLIQUE

Si vous voulez le connaître, le voilà qui vient par ici.

ALFRED

En effet, avec un gendarme.

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