SCÈNE IV
d’or les derniers chefs-d’œuvre de l’infortuné Alfred Ducamp. » Bravo! en avant la musique!
et vive Corbillon !
ANGÉLIQUE
Vive Corbillon ! Vous le connaissez?
Moi! pas du tout. Je ne connais que l’autre, la victime! (Chantant.) Tra déri, déra, trala!
ANGÉLIQUE
Comment, monsieur, l’infortuné Ducamp était un de vos amis?
ALFRED
Mon meilleur ! Tradéri déra !
ANGÉLIQUE
Et vous avez le cœur de chanter lorsqu’il est mort ?
ALFRED
Mais, naïve Angélique, la mort pour un artiste comme nous, c’est l’aurore de la fortune et de la gloire ! Le pauvre garçon dont vous parlez n’était pas sans talent, et depuis dix ans qu’il expose des tableaux assez coquets, il n’avait économisé que des dettes! Mon Dieu, oui! vingt-deux mille francs de dettes! sans compter le terme courant ! Il meurt ! La Providence envoie sur son chemin un Corbillon bienfaisant! Le voilà célèbre ! le
L’ASSASSIN
voilà riche! les journalistes lui feront des articles! Le commissaire-priseur lui fera une fortune !
Mais puisqu'il est mort?
ALFRED
Sachez, innocente Angélique qu’un grand artiste ne meurt jamais!
ANGÉLIQUE
Avec tout ça, Madame l’a pleuré comme une Madeleine.
ALFRED
Madame l’a pleuré! Elle le connaissait?
ANGÉLIQUE
Elle a deux tableaux de lui dans sa chambre.
ALFRED
Est-il vrai? Du. papier! (Arrachant une feuille de son carnet.) J’en ai! Une plume? un crayon? j’en ai !
ANGÉLIQUE
Il a perdu la têtel
ALFRED
Angélique, je vous adjure de laisser un libre cours à mon improvisation! (Écrivant.)
« Madame,
« Je suis un grand criminel, puisque j’ai fait •