‹ Théâtre impossibleChapitre 84 sur 201 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LECOINCHEUX.

Vous vous accusez I donc ce n’est pas vous !

(Il court au dressoir .) J’en étais sûr ! votre main, s’il vous plaît?

ANGÉLIQUE

Ma main? pourquoi faire?

LECOINCHEUX.

La personne qui a reposé cette tasse sur le dressoir a laissé ici l’empreinte de sa main gauche , et cette main.... est celle d’un homme ! jean , courant à Angélique.

Sapristi !

angélique , à Jean.

Eh bien ! avouez donc que c’est vous qui avez remis la tasse en place. Vous savez que c’est la vérité, m’sieu Jean.

JEAN

Moi !

angélique, le pinçant.

Oui, vous!

LECOINCHEUX.

Jean, est- ce vrai?

JEAN

Oui , monsieur le procureur du roi.

LECOINCHEUX.

Votre main !

L’ASSASSIN

angélique , essuyant vivement le dressoir.

Votre main, qu’on vous dit !

C’est inutile. (Il va se rasseoir .)

MADAME PÉRARD

Avouez , mon ami , que voilà bien du bruit pour une tasse.

LECOINCHEUX.

belle dame ! où vous ne voyez qu’une tasse, le magistrat voit une piste.

MADAME PÉRARD , piquée.

11 me semble qu’à votre place, monsieur, j’aurais autre chose à faire en ce moment qu’à suivre des pistes.

lecoincheux , suivant son idée.

Il n’y a point de crime qui puisse rester caché. Tout se découvre à la longue. Les coupables ont beau épuiser toutes les combinaisons de la prudence humaine; ils se trahissent toujours par quelque endroit. Vous savez l’histoire de ce braconnier qui avait assassiné un garde, au milieu d’une forêt, dans le silence de la nuit. 11 se croyait bien en sûreté contre les recherches de la justice, mais la justice retrouva la bourre du fusil. C’était la page d’un livre, à demi consu-

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