‹ Théâtre impossibleChapitre 95 sur 201 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

lecoincheux, à la cantonade.

Brigadier! vous resterez en bas, et vous garderez la porte. Deux hommes de renfort, et ne vous éloignez sous aucun prétexte, (A part, re- ( lardant la porte de droite.) Il est là !

madame pérard s'assied et prend un journal.

Asseyez-vous.

LECOINCHEUX.

Vous lisiez, madame?

A'ous voyez.

LECOINCHEUX.

Quelque chose de bien intéressant ?

MADAME PÉRARD

Mais oui, un compte rendu de l’Académie des sciences.

LECOINCHEUX.

Il faut que la science vous préoccupe violemment. On a tiré un coup de fusil sous vos fenêtres. Je l’ai entendu d’un quart de lieue, moi qui ne lisais pas de journal, et vous ne vous êtes aperçue de rien.

madame pérard, négligemment.

Est-ce que la chasse est déjà ouverte?

LECOINCHEUX.

Les battues sont permises en tout temps contre les animaux nuisibles.

L’ASSASSIN

MADAME PÉRARD

En tout temps et en tout lieu?

Oui, madame, et môme dans votre boudoir.

MADAME PÉRARD, èmUC.

Chez moi?

lecoincheux, en indiquant la porte de droite.

Là!

MADAME PÉRARD

Vous oubliez, monsieur, que vous n’ôtes pas encore mon mari.

LECOINCHEUX.

Il s’agit bien de mariage! Ce n’est pas le mari, c’est le magistrat qui vous demande cette clef.

MADAME PÉRARD

Raison de plus pour que je vous la refuse ! On pourrait avoir des complaisances pour la jalousie même absurde d’un amant; mais lorsqu’on n’est coupable de rien , on serait bien sotte d’obéir aux fantaisies de la justice.

LECOINCHEUX.

Prenez garde, madame. Vous vous placez sous le coup de l’article 641 du code pénal.

MADAME PÉRARD

Prenez garde, monsieur, vous encourez les

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