SCÈNE X
peines portées par l’article premier du code amoureux.
LECOINCHEUX.
En un mot, comme en deux, madame, un homme est caché là !
MADAME PÉRARD
Vous n’en savez rien, monsieur. Et quand il m’aurait plu d’y enfermer quelqu’un, vous n’auriez pas le droit d’ouvrir la porte.
LECOINCHEUX.
Mais si, égarée par un sentiment de compassion blâmable au plus haut degré, vous aviez mis. cette porte entre un malfaiteur et la vindicte publique, j’aurais le droit de la faire enfoncer!
MADAME PÉRARD
Un malfaiteur, dites-vous?
LECOINCHEUX.
Un malfaiteur! Oui, madame, et de la pire espèce.
MADAME PÉRARD
Vous voulez dire de l’espèce la plus contraire à vos intérêts.
LECOINCHEUX. 1
L’intérêt se tait quand le devoir a parlé.
MADAME PÉRARD
Qu’entendez-vous par devoir?
L’ASSASSIN
LECOINCHEUX.
La loi de ma conscience.
MADAME PÉRARD
Vous ne m’épousez qu’en octobre , nous sommes en juillet. Donc votre conscience avance de trois mois ; donc je vous conseille de l’envoyer chez l’horloger.
LECOINCHEUX.
Je ne déteste pas la plaisanterie, sans la pratiquer moi-même : mais je crois pouvoir vous assurer, madame, que les bons mots sont ici hors de propos.
MADAME PÉRARD
Eh bien! monsieur, parlons sérieusement.
Oui, un jeune homme est caché là. Que voulez- »
vous de lui?
LECOINCHEUX.
Sa tête !
madame pérard, riant.
llien que cela? ( Sérieusement .) Calmez-vous, mon pauvre ami, vous n’êtes pas de sang-froid. Souvenez-vous de la position que vous occupez dans la magistrature !
LECOINCHEUX.
Eli! c’est justement ce que vous voulez me faire oublier!