ACTE DEUXIÈME, PREMIÈRE PARTIE
si je vous faisais une querelle là-dessus à mon tour? J'irai avec mon mari ou seule, je vous le jure sur ma vie et sur la vôtre. Rugissez-vous encore, vilain tigre?
GÉRARD
Ahl pourquoi n'es-tu pas libre?
MARCELLE
Tu m'épouserais, n'est-ce pas?
GÉRARD
Ma femme !
MARCELLE
Je t'aime!
GÉRARD
Pas assez pour me sacrifier un scrupule.
MARCELLE
Tais-toi! Tu sais ce que tu m'as promis.
GÉRARD
Je tiens ma promesse, mais vous n'avez pas de pitié!
MARCELLE
Ni VOUS. Je vous eu prie, Gérard, ne me reparlez jamais de cela. Croyez-vous que je sois une statue et que je n'aie pas aussi, moi, mes lieures d'entraînement et de vertige?
GÉRARD
Marcelle !
Non. Ce serait mal. Mais mon mari doit s'étonner de ne pas me voir venir. lEiie lui tend son chapeau.) Partez.
GÉRARD
Alors, à après-demain... — C'est avec votre mari que vous irez, n'est-ce pas?...
MARCELLE
Encore?
GÉRARD
Non. J'ai tort. A après-demain, (ii son. Eiie le suit des yeux
et lui fnit un signe de la main. Puis elle sonne. Entre une femme de chambre. Jorgan, qui est entré depuis un moment, a regardé sans parler.