ACTE DEU\IÈ.ME, PREMIÈRE PARTIE. 155 MARCELLE, se reprenant
Rien... Vous ne venez pas?
JORGAN.
Impossible! Un rendez-vous imprévu que je viens d'être obligé de prendre avec un de nos invités me force d'être ici demain matin à neuf heures. Vous recevrez ma belle-sœur et j'arriverai pour déjeuner.
MARCELLE
Bien. J'irai seule.
JORGAN.
J'ai prié Philippe de vous accompagner.
MARCELLE
Je n'ai besoin de personne.
JORGAN.
Je ne vous laisserai pas aller seule la nuit.
MARCELLE
Avec le cocher et ma femme de chambre?
JORGAN.
Ce n'est pas seulement pour vous, c'est pour Ph^ lippe. Le dernier train est passé et il faut qu'il retourne à Paris.
MARGELLE
J'f n suis fâchée, mais je désire aller seule.
JORGAN.
Pourquoi?
MARGE LLE
Quand ce ne serait que par convenance. On a déjà remarqué la fréquence de M. Philippe chez nous...
JORGAN.
Qui donc a remarqué cela?
MARCELLE
Et je vous prierai dorénavant de me dispenser de l'avoir sans cesse après moi.
JORGAN.
Nous en recauserons, mais pour ce soir c'est arrangé. C'est moi qui l'ai retenu. Je vous répète que le dernier train est passé. Que lui dirais-je?
MARCELLE
Dites-lui que je n'ai pas voulu.
JORGA N.
Je n'avais pas prévu vos susceptibilités subites, je lui ai dit que c'était vous qui le lui demandiez.
MARCELLE
Dites-lui ce qu'il vous plaira, je n'irai pas avec lui.
Permettez-moi d'insister. Quant à la convenance, je vous ferai observer que personne ne le saura.
MARCELLE
Excepté nos gens et lui.
JORGAN.
Quand tout le monde le saurait, qui cela intéresset-il plus que votre mari?
MARCELLE
Moi.