GÉRARD, MARCELLE
MARCELLE
Je commets une imprudence. Si vous saviez! Mais je ne pouvais vous laisser une heure de plus mal penser de moi. Je viens vous expliquer...
GÉRARD
Comment on se parjure en faussant une parole jurée?
MARCELLE
Mon mari m'a forcée.
GÉ RARD
Ah! c'est votre mari qui vous a forcée d'emmener un monsieur qu'on avait vu ne pas vous quitter de toute la soirée.
Est-ce que mon mari est jaloux de moi !
GÉRARD
Et comment vous y a-t-il forcée!
164 KN PUISSANCE DE MAUI.
MARCELLE
Il VOUS avait vu avec moi. J'ai craint une querelle.
GÉRARD
Vous disiez qu'il n'était pas jaloux.
MARCELLE
H m'en a menacée.
et UAUU.
Singulier mari celui-là, qui tient si peu à sa femme et qui y tient tant, si rude à droite et si complaisant à gauche! C'est p^r jalousie que votre mari vous fait courir les routes la nuit avec un jeune homme? Vous devriez au moins apprendre à mentir.
MARCELLE
Mais...
GÉRARD
Oh ! le mensonge! Je vous entends encore me jurer sur ma vie et sur la vôtre que vous ne partirez pas avec cet homme, et l'instant d'après vous partiez avec cet homme! Et en me le jurant^ vous aviez le sourire aux lèvres et dans les yeux une innocence si effrontée que je me méprisais de vous avoir soupçonnée et que je vous en demandais pardon. Si je vous trompais, disiez-vous, je mentirais deux fois. Et vous me trompiez! Mensonge! Mensonge ! Oh ! que le visage puisse être un masque et qu'avec un front si pur on puisse avoir un cœur si déloyal!
MARCELLE, tristement.
J'ai mérité ce qui m'arrive. J'étais mariée, je n'avais pas le droit de vous aimer.