‹ Théâtre inéditChapitre 115 sur 246 · ACTE TROISIÈME, PREMIÈRE PARTIE. 173 PHILIPPE · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME, PREMIÈRE PARTIE. 173 PHILIPPE

Mais qu'est-ce qu'il a contre moi? Je t'assure que je n'ai pas un tort à me reprocher. Tu ne soupçonnes pas ce qu'il peut avoir?

SERGENT

Comment veux-tu que je le soupçonne?

Un changement si subit ! Ce n'est pas dans sa nature. Il y a quelqu'un derrière lui qui lui souffle la haine, qui se sert de lui contre moi, qui le pousse, qui se dissimule, et que je trouverai! Si je pars? Non, je ne pars pas !

SERGENT

Mais si tu n'obéis pas...

PHILIPPE

Je ne peux pas m'en aller laissant après moi je ne sais quelle calomnie. Je reste pour en découvrir l'auteur — et le punir. Quel est-il? Peut-être quelqu'un qui désire ma place et qui veut me faire congédier. Je ne pars pas, mais je vais faire semblant. Me croyant parti et disgracié, il pourra se reLàcher de ses précautions, laisser échapper un mot, se trahir. Si c'est quelqu'un de la maison, tu t'en apercevras et tu m'avertiras. Et puis je te demanderai d'aller, ce soir ou demain matin, parler à madame Bréhal. Elle te recevra, toi. Tu lui rediras ce que je te dis, que je me casse la tête à chercher de quoi son fils peut m'en vouloir, que je n'aspire qu'à être bien avec lui. Elle le questionnera, il est sans défense contre elle, elle obtiendra qu'il parle. Et alors...

SERGENT

OÙ te cacheras-tu?

PHILIPP E

Dans le premier hôtel venu.

SERGENT

Pourquoi pas chez moi?

Tu es sûr de ta domestique?

SERGENT

Parfaitement sûr.

PHILIPPE

C'est dit.

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