PHILIPPE, SERGENT
PHILIPPE
Sergent! Est-ce que tu étais du déjeuner?
Non, je...
PHILIPPE
Je venais m'excuser d'avoir manqué de parole. Un brusque incident m'a empêché. Tu ne sais pas ce qui m'arrive?
SERGEM.
Comment le saurais-je?
PHILIPPE
Ordre de retourner en Algérie surveiller les affaires de la maison.
SERGENT
Quand?
PHILIPPE
Ce soir.
SERGENT
Ordre de qui?
PHILIPPE
De madame Bréhal.
SERGENT
Ce soir!
PHILIPPE
J'ai couru cbez elle. On m'a dit qu'elle était sortie. J'ai compris qu'elle ne rentrerait — qu'après mon départ.
Comment t'expliques-tu cela?
PHILIPPE
Par une discussion que j'ai eue ce malin avec Gérard. J'avais bien vu hier qu'il avait quelque chose. Mais quoi? J'achevais la lecture du courrier lorsqu'il est entré avec la figure hostile d'hier soir et, sur un point insignifiant, ce n'était évidemment qu'un prétexte, il m'a cherché chicane en des termes que j'ai dû relever. 11 m'a répliqué comme s'il voulait une affaire. Je ne suis pas plus endurant qu'un autre, il a fallu mes obligations envers son père et sa mère pour qu'il ne l'ait pas eue. Mais il recommencera, et j'ai idée que ça finira mal.
SERGENT
Et c'est lui qui a demandé à sa mère?...
PHILIPPE
Oh ! non. Il ne mêlerait pas sa mère à une querelle. C'est elle à qui l'on aura rapporté notre altercation et qui, effrayée pour son fils, aura voulu nous séparer.
SERGENT
Alors, tu pars?