ACTE TROISIÈME, PREMIÈRE PARTIE
PHILIPPE
11 sait donc que madame Bréhal m'a commandé de partir?
CÉLINE
Apparemment.
PHILIPPE
Et pourquoi vous envoie-t-il m'ofifrir sa maison au lieu de venir me l'offrir lui-même?
CÉLINE
11 avait à sortir, — pour une aa"aire pressante, car il m'a quittée précipitamment.
PHILIPPE
Et puis, il s'est dit qu'à vous je ne refusais jamais
rien. (La regardant en face.) Ail Ça, eSt-CC qUO VOUS CU êteS,
vous, du guet-apens?
CÉLINE
Du guet-apens?
Je cherchais qui était derrière Bréhal, je le sais maintenant! C'est Jorgau? Tant mieux! Voilà pourquoi il parlait bas à Sergent tout à l'heure. Il vous a quittée précipitamment? Oui, pour aller dresser son piège. Il n'a pas assez de m'avoir brouillé avec Bréhal. Si je vais à Brévannes on m'3^ surprendra...
CÉLINE
C'est-à-dire que vous refusez?
PHILIPPE
C'est-à-dire que j'accepte.
CÉLINE
Quoique croyant à un piège?
180 EN puissance; de MAl\I.
PHILIPPE
Parce que je crois à un piège!
CÉLINE
Par exemple!
PHILIPPE
Et Dieu veuille que je ne me trompe pas! Dieu veuille que je me trouve en face d'une bonne infamie sur laquelle je puisse vous écraser tous!...
CÉLINE
Ah ! vous voyez bien que vous me haïssez!...
PHILIPPE, éclatant.
Eh bien, oui! car j'en ai assez de ces misérables hypocrisies, et j'ai honte de moi d'avoir pu mentir si longtemps! Oui, je vous hais! Oui, triomphez-en si vous voulez, votre mariage m'a fait une blessure dont je souffre plus qu'au premier jour!
CÉLINE
Pauvre ami!
PHILIPPE
Oui, soyez hère, soyez heureuse, j'ai beau penser à ce que vous avez fait et à ce que vous êtes, à l'effronterie de votre parjure, à vos lettres dont la tendresse m'aveuglait pour m'empêcher d'accourir, à votre mariage, qui a été une vente...
CÉLINE
Monsieur!...
PHILIPPE
Une vente! Oui, pour de l'argent! Est-ce que je ne sais pas que votre mari est le fils de Jorgan? J'ai beau