ACTE TROISIÈME, SECONDE PARTIE
puisse la lui jeter à la figure! Parlez, et j'arrangerai tout à moi seul, et de telle sorte que la chose reste entre nous trois, et demain entre deux.
JORGAN.
Si je me tais, vous ne m'aiderez pas?
GÉ RARD
Non.
JORGAN.
Et si je parle, vous m'aiderez?
GÉRARD
Oh ! oui, je vous... — je vous aiderai.
JORGAN.
Eh bien... Non, décidément. Je trouverai quelqu'un qui ne me condamnera pas à cet aveu.
GÉRARD
Vous verrez que non.
JORGAN.
Et maintenant je profère que vous n'ayez pas consenti. Le hasard vous a conduit dans cette ruelle, vous vous êtes oflert, je vous ai pris un peu étourdiment, mais j'aime mieux pour le secret que ce soit un autre : il vous aurait tout révélé à vous.
GÉRARD
Vous voulez dire que je suis son ami? Je le hais!
JORGAN.
"Vous ignorez de qui je parle. Oubliez ce que je vous ai dit.
GÉRARD
Voyons, nommez-le-moi seulement.
J'aime mieux que ce ne soit pas vous.
GÉRARD
Ah! son nom. Comment voulez-vous que j'aille le trouver, si je ne sais pas qui c'est ?
JORGAN.
Je ne veux pas que vous y alliez.
GÉRARD
C'est Philippe !
JORGAN.
Non! M'allez trouver personne de ma part, je vous désavouerais. Je ne vous ai rien dit, je n'ai pas été outragé, je ne vous ai pas vu, Philippe est mon meilleur ami. (Il va pour reprendre la boite )
GÉRARD, l'arrC-lant.
Laissez-moi ces pistolets.
JORGAN.
Oh l non !
GÉRARD
Dans l'état violent où vous êtes, et après ce que vous avez dit tout à l'heure, je ne souffrirai pas que vous les emportiez. — Vous ne les emporterez pas!
JORGAN , après un moment d'hésitation.
Soit. — Souvenez-vous que je ne vous ai rien dit.