MARCELLE, GÉRARD, PHILIPPE
GÉRARD, àPhUippe.
Monsieur, nous avons à échanger des paroles qui seraient de mauvais goût devant une femme.
MARCELLE
Oh! vous ne vous éloignerez pas! II y a là quelque horrible malentendu. Je ne vous laisserai pas partir avant qu'il soit expliqué, (a Phiuppe.) Monsieur, une fatalité vous mêle à un secret qui n'est pas ce que vous pouvez croire. Mais, quoi que vous croyiez, dans un tel péril, je me mépriserais de penser à ma réputation. (A Gérard.) Gérard, vous m'avez offensée, mais il s'agit de votre vie, je n'ai plus de fierté, (a Philippe.] C'est votre présence ici qui me fait accuser. Vous me devez donc une explication. Qui vous y a fait venir ?
GÉRARD, ironiquement.
Votre mari!
PHILIPPE
Oui, c'est lui.
MARCELLE
Mon mari vous a fait venir sous ma fenêtre la nuit? Pourquoi?
PHILIPPE
Pour m'y faire surprendre.
Et VOUS VOUS êtes prêté à une trahison contre vous?
PHILIPPE
Pour y faire tomber le traître.
MARCELLE
Et une femme.
PHILIPPE
J'ignorais qu'il y eût un danger pour vous. Je ne soupçonnais pas qu'un homme pût être capable d'une infamie pareille. Mais soyez tranquille, madame. Un mot va suffire. Bréhal...
GÉRARD
Monsieur, j'ai déjà eu l'honneur de vous faire ob- -çerver que ce que nous avons à nous dire serait malséant en présence d'une femme.
PIIILIIM'E.
Ce que vous me diriez, vous. Et c'est précisément pour vous empêcher de me le dire que je refuse de vous suivre.
GÉRARD
Vous refu-sez?
PHILIPPE
Seul avec moi, vous pourriez vous oublier jusqu'à une de ces injures qu'un galant homme retient en présence d'une femme et après lesquelles il ne reste plus qu'à se battre. Et comme je ne veux pas me battre avec vous...
GÉRARD
Vous ne voulez pas vous battre?