ACTE TROISIÈME, SECONDE PARTIE. 195 PHILIPPE
Avec VOUS.
GÉRARD
Savez-vous le nom qu'on donne à ceux qui ne veulent pas se battre?
PHILIPPE
Cette parole me sera payée par celui qui vous fait parler. Je ne me battrai pas avec vous. Pour deux raisons. La première...
GÉRARD
Je la connais.
PHILIPPE
Non, vous ne la connaissez pas. La première, c'est que je ne vous ai pas offensé et que je n'ai pas de compte à vous rendre.
GÉRARD
Alors, c'est la seconde que je connais.
PHILIPPE
La seconde, et la principale, c'est qu'ayant servi, involontairement, à calomnier une femme, je n'ai pas le droit de disposer de ma vie avant que cette femme soit justifiée.
GÉRARD
Il est naturel que vous protégiez madame contre moi.
Voyons, Gérard, pour croire que je vous ai trompée, il faut que vous croyiez que je ne vous aime pas. Je ne vous aime pas? Voyez comme je tremble.
GÉRARD
Étes-vous sûre que ce soit pour moi?
MARCELLE
Si c'était pour un autre, dirais-je devant lui que c'est pour vous?
GÉRARD
Oui, pour le sauver.
MARCELLE
Et il me laisserait dire! Mais il serait le plus lâche des hommes!
GÉRARD
Mais ce qui se passe ici depuis un quart d'heure ne me semble pas de nature à dénuer cette supposition de toute vraisemblance.
Philippe va se jeter sur lui. Marcelle l'arrête d'un geste suppliant. PHILIPPE.
Madame, je ne suis point un lâche. Et je n'aurais même pas besoin de courage. Je n'ai pas une vie à laquelle je tienne beaucoup. — liréhal, sur votre mère!,..
GÉRARD
Je vous défends de prononcer le nom de ma mère!
Sur l'àme de la mienne!
GÉRARD
Mentez sur la vôtre, tant que vous voudrez.
PHILIPPE, ne se contenant plus qu'à peine.
Madame, je tâche de faire ce que je crois vous devoir, mais il y a des limites à la patience humaine.