‹ Théâtre inéditChapitre 172 sur 246 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

HENRIETTE

Donc, il faudrait que je fusse aveugle pour ne pas voir que mon mari, c'est... — Tiens, voilà que je n'ose plus !

MAX

Mais c'est vrai!

HENRIETTE

Ah! vous l'avouez?

Mais c'est évident ! on veut nous marier !

HENRIETTE

Vous faites comme si je vous l'apprenais.

MAX

Oh ! mais c'est terrible !

HE.XRIETTE.

Terrible! Vous me trouvez aussi laide que cela!

MAX, h lui-même.

Oui! on a disposé de moi! sans même m'en avertir! C'est convenu! c'est arrangé!

HENRIETTE

Qu'a-t-il donc?

MAX, à lui-même-

A qui avoir recours?... — Mademoiselle...

HENRIETTE

Monsieur...

MAX

Vous êtes belle...

'JG2 NOËL.

HENRIETTE

A la bonne heurel

Vous êtes charmante, vous êtes spirituelle...

HENRIETTE

Voilà que ça part!

MAX

Votre père est puissant et fera de votre mari un personnage considérable...

HENRIETTE

J'aimais mieux vos autres éloges.

MAX

Vous avez tout ce qui rayonne, tout ce qui éblouit, tout ce qui enchante. Tous les hommes seront à vos pieds, les plus fiers vous supplieront, et celui que vous daignerez choisir pourra rire de la fierté des autres...

HENRIETTE

Enfin!

Il y a au monde une jeune fille, obscure, sans famille, moins belle que vous, qui n'a personne que moi.

HE NR lETTE.

Vous dites?

MAX

Je dis ce qui pourrait blesser une autre qui n'aurait pas votre beauté, votre supériorité, tous vos

dons. Vous qui avez tout, vous ne vous offenserez pas que je reste à celle qui, sans moi, n'a rien.

HENTiIETTE.

Eh bien, voilà une déclaration à laquelle je ne m'attendais pas. Vous me déclarez votre amour pour une autre!

MAX

Excusez-moi si j'ai pu vous affliger...

HENRIETTE

M'affliger! Rassurez-vous, monsieur. Mon désespoir attendra une autre occasion. Je vous dispen?e de me consoler.

MAX

Je ne me pardonnerais pK<...

HENRIE TTE.

Assez, monsieur ! Jusqu'à présent, c'est une petite pensionnaire qui vous a parlé! Maintenant, je suis mademoiselle de Savenay. Vous ne m'avez ni affligée, ni offensée. C'est moi qui ai eu tort de parler si légèrement. C'est une leçon dont je me souviendrai. Je vous prie de me ramener à mon père. — Ali ! le voici.

La musique recommence.

J64 NOËL

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