ACTE QUATRIÈME
les respects, si je ne voyais que moi, je me résignerais à souffrir. Mais, moi en prison, que ferez-vous de cette jeune fille?
Ce qu'il me plaira.
MAX
Vous voyez. Voici une jeune fille, honnête, charmante, exquise, une âme divine, et vous ferez d'elle ce qu'il vous plaira. Ce n'est pas là une question d'obéissance filiale, il s'agit de ne pas être un lâche. Pardonnez-moi de penser que vous pourriez tourmenter une femme sans défense, mais c'est moi que vous croiriez poursuivre en elle. L'intérêt de votre maison, vos projets, qu'est une femme à côté? Enfin je l'aime, et j'ai peur. Mettez-vous dans ma position. Vous êtes mon père, alors vous me donnez tort. Mais supposez que ce soit le fils d'un autre à qui son père dise de faire cela, trouveriez-vous que le père aurait raison ? Tenez, c'est un conseil que je vous demande : est-ce qu'un homme peut livrer une femme, là, vraiment?
LE DUC
Assez de paroles. Voulez-vous suivre ces hommes ?
MAX
Eh bien, donnez-moi votre parole d'honneur que la jeune fille qui est là n'a rien à craindre de vous, et je ne me défends pas.
LE DUC
Je ne traite pas, je commande. Voulez-vous?
282 NOËL
Alors, non.
LE DUC
C'est donc moi qui vous traînerai, (u fait un pas.)
Vous ne le ferez pas. Après tout, vous êtes mon père, et vous n'abuserez pas de ce que contre vous je n'ai pas d'épée.
LE DUC
Une dernière fois, vous ne voulez pas?
MAX
Mon père, vous me mettez entre une lâcheté et un crime.
LE DUC
Choisissez.
MAX
Ah! c'est monstrueux! N'avancez pas — ou bien...
LE DUC
Ou bien?
MAX
Non, c'est mon père ! — Mais, si vous me touchez, je ne me défendrai pas puisque vous êtes mon père, mais je me pendrai aux barreaux de ma prison.
LE DDC.
Tu feras ce que tu voudras, (ii vient ù lui ctic prend au collet.) Allons!
MAX
Oui, je me tuerai! — Ah! si je pouvais me défendre contre vous!