ACTE CIJXQUIÈME
NOËL
Oui, je sais ce que je fais. C'est un assassinat. C'est une lâcheté. Vous n'avez pas d'épée et j'en ai une. C'est abominable. Jo le ferai.
LE DUC
Faites-le donc. Et faites-le vite. Pourquoi toutes ces phrases? Je suis en votre pouvoir. Je n'ai pas d'épée, comme vous dites. Le lieu est bien choisi. C'est vrai, j'appellerais inutilement. Le guet-apens est parfait. Vous vous y entendez. Vous êtes un excellent assassin. Frappez donc. Je comprend?, ça vous gêne que je reste calme, que je ne me jette pas sur vous, que je ne vous menace pas. Ce serait vous qui vous défendriez. On a beau être ce que vous êtes, ces choses-là ne sont pas faciles froidement. Je vous aiderais. J'aime mieux vous laisser tout le mérite. J'attends.
NOËL
Vous croyez que j'hésite? Est-ce que vous avez hésité, vous, à supplicier mon enfant, à le jeter en prison quand il vous menaçait de s'y pendre aux barreaux? Je n'hésite pas. Vous vivant, Max est à la torture; vous mort, il a tout, liberté, puissance, celle qu'il aime! Je peux le faire passer de l'enfer au paradis, et je suis son père. Comment hésiterais-je? .Te n'hésite pas. Parce que c'est un crime? J'y suis fait. Tenez, je vous ai dit que je n'étais pour rien dans la mort de l'autre. Je vous ai menti. Celui qui a tenu le couteau n'a été que l'instrument. Le meurtrier de ton fils, c'est moi.
Wl NOËL.
LE DUC
Ah! misérable!
Il se jeite sur l'épée, la saisit par la lame ei tâche de l'arracher à Noël. NOËL.
A la bonne heure! — Bien, coupe-toi les mains.
Lutte. — L'épée se casse.
Ah! — Bah! ce tronçon suffit. Tiens!
Il enfonce le tronçon dnns la poitrine du duc. LE DUC.
Uo!
Il tombe.
Max est libre!
LE DUC, relevant la tête.
Oui, libre!
Il retombe et meurt.