ACTE SIXIÈME
NOËL
Je vous apporte une grande nouvelle.
CÉCILE
Vous êtes ému. Vous m'effrayez. Dites vite.
NOËL
Le duc est mort.
CÉCILE
Le père de Max?
Le duc.
NOËL
Alors, Max...
CÉCILE
NOËL
Va être libre!
CÉCILE
Ah! — Le duc a fait bien du mal à Max, et cependant cette mort inattendue...
NOËL
Ne pensez qu'au marquis. Je vous dis qu'il va être libre.
Comment le duc est-il mort?
NOËL
N'importe.
CÉCILE
On ne le disait pas malade. Il est donc mort subitement?
NOËL
Subitement, oui.
298 NOËL
CÉCILE
Quand?
NOËL
Je crois que c'est aujourd'hui. — Avertissez le marquis le plus tôt possible. Dans l'état où il est, il ne le saura jamais assez tôt.
CÉCILE
Je ne pourrai pas ce soir.
NOËL
Demain matin, alors. — Ah! ne lui dites pas que c'est moi qui vous ai appris cela. Ne lui dites pas que vous m'avez vu.
CÉCILE
Pourquoi donc?
NOËL
Enfin! il va être heureux! — Une autre de mes raisons de venir, c'était de vous donner moi-même cette nouvelle. Pour avoir été le premier à vous annoncer la liberté du marquis, je vous demande une chose.
CÉCILE
Laquelle?
^ OËL.
Je vais m'absenter. 11 est probable qu'il ne me reverra jamais. Il doit croire que je le hais, à cause de ce qne vous avez vu. Eh bien, je donnerais pour lui plus que ma vie. Les femmes ont quelquefois un instinct. Vous ne m'avez vu que deux fois; la première, c'était pour l'avertir du péril ; la seconde, c'est pour vous apprendre sa liberté. Il doit y avoir dans