ACTE SIXIÈME
l'accent de la voix quelque chose qui persuade? Croyez-vous que j'aime le marquis?
CÉCILE
Pourquoi je le crois, je ne pourrais le dire. C'est comme quand le soleil est derrière un nuage. Je ne vois pas votre tendresse, mais je la sens.
NOËL
Eh bien ! ce que je vous demande, c'ejt — dans quelque temps, pas tout de suite — de lui dire que vous avez cru, vous, que je l'aimais. Si, pour n'importe quel motif, il parle de moi avec haine, défendez-moi un peu. C'est une faiblesse, car, s'il est heureux, que fait le reste? Mais c'est plus fort que moi, l'idée qu'il me hait m'est insupportable. Tâchez qu'il ne me haïsse pas.
CÉCILE
Je vous promets de faire tout pour qu'il vous aime.
Oh! pas tant. Qu'il ne me haïsse pas, c'est assez. Et maintenant, adieu. Demain, il sera libre, et votre bonheur commencera.
CÉCILE
Votre main.
NOËL
Non! Je ne veux pas que vous la touchiez! —
Adieu. (lira pour sortir.)